
Article en collaboration avec Apolline CHASLE
Longtemps, Apolline CHASLE a cru que cette petite voix se tairait. Elle est finalement devenue le point de départ de sa propre transition professionnelle. Aujourd'hui, c'est par cette même voix que commencent les histoires des femmes qu’elle accompagne.
Apolline a longtemps cru que quelque chose clochait chez elle. Elle n’arrivait pas à saisir le problème. Elle avait construit une carrière solide dans les ressources humaines. Pendant douze ans, elle a recruté des candidats, accompagné des carrières, managé des équipes. Elle occupait des fonctions à responsabilités.
De l'extérieur, son parcours était synonyme de réussite. Elle ne peut pas dire qu’elle était malheureuse ou en souffrance, mais la sensation de ne pas être à sa juste place persistait…
"Est-ce vraiment là que je suis à ma place ?" Cette question revenait régulièrement. Pas tous les jours et pas suffisamment intensément pour tout envoyer valser, mais suffisamment souvent pour ne pas l'ignorer.
Avec le recul, elle réalise que beaucoup de femmes qu’elle accompagne aujourd'hui commencent au même endroit.
Lorsqu'une personne envisage une reconversion, la première phrase est souvent : "Je veux changer, mais je ne sais pas vers quoi aller." Elle cherche des réponses très concrètes : quelle formation ? quel secteur ? quel métier ? Pourtant, ces questions arrivent trop tôt et sont au mauvais endroit.
Derrière cette envie de changement se cache bien souvent une autre recherche : la quête du sens.
Nous imaginons que le problème vient du métier, alors qu'il vient parfois d'un décalage plus profond entre ce que nous faisons et ce qui nous nourrit réellement. C'est pourtant une nuance essentielle.
Nous passons beaucoup de temps à chercher des réponses à l'extérieur, alors que les premières se trouvent souvent à l'intérieur.
Pendant des années, Apolline a appris à identifier les compétences des autres. Elle savait analyser un parcours, repérer des talents, évaluer des potentiels. Lorsqu’elle a commencé à se poser des questions sur elle-même, elle s’est rendu compte d'une évidence : elle connaissait parfaitement ce qu’elle savait faire, mais beaucoup moins :
Et c'est finalement là que tout a commencé. Elle s’est aperçue que les compétences racontent nos apprentissages mais elles ne disent pas toujours ce qui nous fait vibrer.
C’est ici que l’Ikigaï a changé sa perspective des choses. Lorsqu’elle a découvert cette approche, elle pensait trouver une méthode. Contrairement aux idées reçues, l'Ikigaï ne consiste pas simplement à faire entrer sa vie dans quatre cercles. C’est plutôt apprendre à se poser des questions pertinentes.

L’Ikigaï est avant tout un outil pour guider la réflexion. Une invitation à ralentir, observer et mettre des mots sur ce qui nous anime.
Toutes ces questions ne donnent pas immédiatement une réponse, mais elles changent profondément le regard que l’on porte sur son parcours.
Après avoir compris ses propres enjeux par ce travail introspectif précieux, le cheminement pour Apolline n’était pas terminé. Le déclic a eu lieu, la réflexion a débuté mais n’a pas suffi à construire un projet professionnel.
Une intuition mérite d'être confrontée au réel. C'est souvent à ce moment-là que naissent les doutes. On peut se dire : “Est-ce réaliste ?", "Ai-je les compétences ?", "Par où commencer ?" Et c'est précisément le rôle du bilan de compétences Ikigaï : faire le pont entre la phase d’introspection et la phase d’action.
Avec cet accompagnement, il n’est pas question de trouver le métier idéal. L’enjeu est plutôt de construire un projet cohérent, réaliste et aligné avec la personne que l'on est à l’instant T. À travers des temps d'introspection, des enquêtes métiers, des échanges et des mises en perspective, le bilan de compétences Ikigaï devient un véritable trait d'union entre ce que l'on ressent et ce que l'on peut concrètement mettre en œuvre.
Le monde professionnel nous a appris à compartimenter nos vies. Apolline a toujours défendu une approche holistique de ce que chaque individu est. Lorsque l'une des sphères de vie vacille, l'autre finit toujours par en ressentir les effets.
Nos valeurs nous accompagnent partout. Nos ressentis personnels exercent nécessairement une influence sur notre vie professionnelle. Notre besoin d'autonomie, de reconnaissance, de créativité ou de sécurité ne disparaît pas en arrivant au travail.
C'est pourquoi, elle ne croit pas aux accompagnements qui ne parlent que du parcours professionnel.
Il ne s’agit pas d’accompagner une carrière, mais bien d’accompagner une personne dans son entièreté. Un projet professionnel prend toute sa place lorsqu'il s'intègre dans une vie. C’est là que tout fait sens et qu’on peut parler d’un alignement profond entre qui nous sommes et ce que nous faisons.
Nous passons énormément de temps à vouloir acquérir de nouvelles compétences et beaucoup moins à reconnaître nos talents naturels. Notre zone de génie est souvent faite de ces choses que nous réalisons avec une telle facilité que nous finissons par croire qu'elles sont normales. Or, elles ne le sont pas. Elles sont simplement devenues invisibles à nos yeux.
C'est souvent notre entourage perso ou pro qui les remarque avant nous :
Ce sont autant d'indices qui méritent d'être écoutés. Votre zone de génie est sous vos yeux, osez changer de regard sur vous-même.
Au fond, retrouver sa voie et sa juste place, c'est retrouver le fil de ce qui nous met profondément en mouvement. Écouter cette petite voix n'est peut-être pas le signe qu'il faut tout quitter. C'est parfois simplement le début d'une conversation avec soi-même.
Article en collaboration avec Apolline CHASLE
